Comment rédiger son DUERP pour les risques d’agression en caisse ?
Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est l’outil central de la politique de prévention en entreprise. Pour les enseignes de grande distribution, le risque d’agression du personnel de caisse doit y figurer de manière précise et documentée. Voici comment procéder.
Pourquoi le risque d'agression en caisse doit figurer dans votre DUERP
Depuis la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, les obligations en matière de DUERP ont été renforcées. Le document doit désormais tracer une trajectoire de prévention dans le temps, et pas seulement photographier les risques à un instant T.
En grande distribution, le risque d’agression est classé parmi les risques prioritaires par les CARSAT et les services d’inspection du travail. Son absence dans le DUERP constitue une lacune documentaire qui peut être retenue comme preuve d’un manquement à l’obligation de sécurité.
Étape 1 — Identifier et décrire le risque
Dans la section dédiée aux risques psychosociaux et de violence externe, renseignez les éléments suivants :
- Unité de travail concernée : personnel de caisse (caisses traditionnelles et superviseurs libre-service)
- Nature du risque : agression verbale, menace, intimidation, violence physique de la part d’un client
- Situation exposante : interaction directe avec les clients lors du passage en caisse, gestion des refus de prix, files d’attente
- Fréquence d’exposition : quotidienne
- Effectif concerné : nombre de caissiers et caissières de l’établissement
Étape 2 — Évaluer la gravité et la probabilité
Chaque risque doit être coté selon deux axes : la gravité de ses conséquences (légère, sérieuse, grave, très grave) et la probabilité d’occurrence (rare, possible, probable, quasi-certain). Pour le risque d’agression en caisse, une cotation réaliste est :
- Agression verbale : probabilité probable, gravité sérieuse (stress chronique, choc émotionnel)
- Agression physique : probabilité possible, gravité grave (blessure, traumatisme, arrêt de travail long)
C’est le croisement de ces deux axes qui donne la priorité d’action et justifie les mesures à mettre en place.
Étape 3 — Définir les mesures de prévention
C’est la partie la plus importante. Pour chaque risque identifié, le DUERP doit lister les mesures existantes et prévues. Pour le risque d’agression en caisse :
- Procédure de signalement des incidents, accompagnement post-incident, suivi médico-psychologique : Mesures organisationnelles
- Formation à la gestion des conflits et à la désescalade verbale : Mesures de formation
- Dispositif d’alerte discrète permettant au caissier d’appeler l’agent de sécurité en cas d’incident : Mesures techniques
- Panneaux tolérance zéro, numéro d’urgence visible : Mesures d’affichage
Étape 4 — Fixer un responsable et une date
Chaque mesure doit être associée à un responsable nommément désigné et à une date de mise en œuvre. Sans ces deux éléments, la mesure n’a pas de valeur documentaire. C’est ce niveau de précision que l’inspection du travail et la CSSCT examinent en priorité.
Étape 5 — Mettre à jour et communiquer
Le DUERP doit être mis à jour au minimum une fois par an, et après tout incident significatif. Il doit être accessible à tous les salariés et présenté à la CSSCT lors de sa révision. Conserver un historique des versions précédentes est également recommandé.
Conseil pratique : si vous ne savez pas par où commencer, appuyez-vous sur votre CARSAT régionale ou votre service de santé au travail interentreprises (SSTI). Ils proposent souvent des grilles d’évaluation sectorielles adaptées à la grande distribution.
Un dispositif d’alerte discrète constitue une mesure technique documentable dans votre DUERP. Découvrez notre solution sur securite-grande-surface.com — demande de devis sous 24h.
